Le Parnasse (XIXème) :

Le mouvement littéraire :

-mont Parnasse : lieu de résidence d'Apollon et de ses 9 muses
-opposition au Romantisme
-réaction contre les excès du lyrisme
-poésie objective, non personnelle, impassible, non passionnée
-poésie descriptive (pittoresque, exotique, historique)
-peut être liée à la science
-retour à l'antiquité : perfection formelle
- "L'Art pour l'Art"
-poète = sculpteur préoccupé plus par la plastique que par l'esprit




Les principaux représentants :


Théophile Gautier (1811-1872)


Leconte de Lisle (1818-1894)



Poèmes parnassiens inspirés :


Théophile Gautier, Emaux et Camées (1852)

L'Art


Oui, l'oeuvre sort plus belle 
                                     D'une forme au travail 
Rebelle,
Vers, marbre, onyx, émail.

Point de contraintes fausses !
Mais que pour marcher droit
Tu chausses,
Muse, un cothurne étroit.

Fi du rhythme commode, 
Comme un soulier trop grand,
Du mode
Que tout pied quitte et prend !

Statuaire, repousse
L'argile que pétrit
Le pouce
Quand flotte ailleurs l'esprit :

Lutte avec le carrare,
Avec le paros dur
Et rare,
Gardiens du contour pur ;

Emprunte à Syracuse
Son bronze où fermement
S'accuse
Le trait fier et charmant ;

D'une main délicate
Poursuis dans un filon
D'agate
Le profil d'Apollon.

Peintre, fuis l'aquarelle,
Et fixe la couleur
Trop frêle
Au four de l'émailleur.

Fais les sirènes bleues, 
Tordant de cent façons
 Leurs queues,
Les monstres des blasons ;

Dans son nimbe trilobé 
La Vierge et son Jésus,
Le globe
Avec la croix dessus.

Tout passe. - L'art robuste 
Seul a l'éternité.
Le buste
Survit à la cité.

Et la médaille austère 
Que trouve un laboureur 
Sous terre
Révèle un empereur.

Les dieux eux-mêmes meurent, 
Mais les vers souverains 
Demeurent
Plus forts que les airains.

Sculpte, lime, cisèle ;
 Que ton rêve flottant
 Se scelle
Dans le bloc résistant !





Lecture analytique : 

-14 strophes
-quatrain
-hexasyllabes sauf le troisième vers de chaque strophe : 2 syllabes
-rimes croisées

-CL matériau artistique
 CL sculpture
 CL peinture
-présence de l'impératif : explique comment travailler
-insistance sur le travail rigoureux : "sort plus belle", "lutte"
-envie de montrer que l'art comme la poésie doit être net, objectif :
"contour pur", "trait fier", "fuis l'aquarelle"


Poème illustre le Parnasse :

-métaphore pour dénoncer le romantisme et ses intrusions des sentiments personnels
-objectivité obligatoire
-proteste contre le "flou" romantique


Mes appréciations sur le poème :

-surprise de voir un thème comme l'art pour écrire un poème
-interessant de réfléchir sur le sens du poème (dénonciation du romantisme)






Leconte de Lisle, Poèmes Barbares (1862)


Le rêve du jaguar


Sous les noirs acajous, les lianes en fleur,
Dans l'air lourd, immobile et saturé de mouches,
Pendent, et, s'enroulant en bas parmi les souches,
Bercent le perroquet splendide et querelleur,
L'araignée au dos jaune et les singes farouches.
C'est là que le tueur de boeufs et de chevaux,
Le long des vieux troncs morts à l'écorce moussue,
Sinistre et fatigué, revient à pas égaux.
Il va, frottant ses reins musculeux qu'il bossue ;
Et, du mufle béant par la soif alourdi,
Un souffle rauque et bref, d'une brusque secousse,
Trouble les grands lézards, chauds des feux de midi,
Dont la fuite étincelle à travers l'herbe rousse.
En un creux du bois sombre interdit au soleil
Il s'affaisse, allongé sur quelque roche plate ;
D'un large coup de langue il se lustre la patte ;
Il cligne ses yeux d'or hébétés de sommeil ;
Et, dans l'illusion de ses forces inertes,
Faisant mouvoir sa queue et frissonner ses flancs,
Il rêve qu'au milieu des plantations vertes,
Il enfonce d'un bond ses ongles ruisselants
Dans la chair des taureaux effarés et beuglants.

Henri Rousseau, Combat d'un tigre et d'un bufle

Lecture analytique :

-pas de séparation en strophes
-alexandrins

-poème descriptif :
CL animaux
verbes de mouvements
-"il" : le jaguar, pas de subjectivité
-exactitude et précision description : picturale
-contrastes couleurs vives/obscurités : tableau 
-sauvagerie de l'animal


Poème illustre le Parnasse :

-description sans forme d'engagement personnel
-objectivité


Mes appréciations sur le poème :

-représentation du poème comme un tableau peint
-seulement de la description, pas de nécessité de réfléchir




Leconte de Lisle, Poèmes Barbares (1862)

Les Montreurs


Tel qu'un morne animal, meurtri, plein de poussière,
                  La chaîne au cou, hurlant au chaud soleil d'été,
Promène qui voudra son coeur ensanglanté
Sur ton pavé cynique, ô plèbe carnassière !

Pour mettre un feu stérile en ton oeil hébété,
Pour mendier ton rire ou ta pitié grossière,
Déchire qui voudra la robe de lumière
De la pudeur divine et de la volupté.

Dans mon orgueil muet, dans ma tombe sans gloire,
Dussé-je m'engloutir pour l'éternité noire,
Je ne te vendrai pas mon ivresse et mon mal,

Je ne livrerai pas ma vie à tes huées,
Je ne danserai pas sur ton tréteau banal
Avec tes histrions et tes prostituées.

Raphael Freida, gravé par Edmond Pennequin, 1914






Lecture analytique: 


-4 strophes
-2 strophes de 4 vers, 2 strophes de 3 vers
-rimes embrassées

-description
-gradation dans la description
-sonorités : "m", "r", "p" : barbarie
-spectacle grossier : connotation vulgarité du peuple
-dénonce l'exhibition des sentiments romantiques
"promène qui voudra son coeur ensanglanté"
-"tu" public à qui le poète reproche sa stupidité 


Poème illustre le Parnasse : 

-dénonciation du lyrisme
-opposition à l'exposition de ses sentiments
-critique envers le peuple


Mes appréciations sur le poème :

-trouvé intéressant et subtil la dénonciation du romantisme par le biais des métaphores
-fait réfléchir malgré intention du Parnasse




José Maria de Hérédia, Les Trophées (1893)

Les Conquérants


Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
                     Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.


Ils allaient conquérir le fabuleux métal
                   Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde occidental.


Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
                  L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré;


Ou, penchés à l'avant de blanches caravelles,
                       Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l'Ocean des étoiles nouvelles.

Duguay Trouin forçant l'entrée de Rio de Janeiro (1711)





Lecture analytique :

-4 strophes
-2 strophes de 4 vers, 2 strophes de 3 vers
-rimes embrassées

-description : utilisation de l'imparfait de l'indicatif
-comparaison
-subordonnée relative en "que" complément de l'antécédent "métal"
-personnification de la mer  et du ciel
-illusions et rêves des conquérants


Poème illustre le Parnasse : 

-décrire
-pas d'introduction du poète
-pas d'exagération de sentiments


Mes appréciations sur le poème :

-certaine musicalité grâce aux rimes rend agréable la lecture
-se sentir portée par l'histoire du poème






Leconte de Lisle, Poèmes Barbares (1862)


Fiat nox


L'universelle mort ressemble au flux marin
                    Tranquille ou furieux, n'ayant hâte ni trêve,
Qui s'enfle, gronde, roule et va de grève en grève,
Et sur les hauts rochers passe soir et matin.

Si la félicité de ce vain monde est brève,
Si le jour de l'angoisse est un siècle sans fin,
Quand notre pied trébuche à ce gouffre divin,
L'angoisse et le bonheur sont le rêve d'un rêve.

Ô coeur de l'homme, ô toi, misérable martyr,
Que dévore l'amour et que ronge la haine,
Toi qui veux être libre et qui baises ta chaîne !

Regarde ! Le flot monte et vient pour t'engloutir !
Ton enfer va s'éteindre, et la noire marée
Va le verser l'oubli de son ombre sacrée.



Lecture analytique : 

-4 strophes 
-2 strophes de 4 vers, 2 strophes de 3 vers
-rimes embrassées

-métaphore de la mort, comparaison à la mer
-verbes caractéristiques des flots marins
-rupture à la 3ème strophe "O" : changement de musicalité
-"toi" : homme : dénonciation
-exclamation : mécontentement du poète
-"toi qui veux être libre et qui baises ta chaine" : esprit contradictoire humain, envie de liberté mais aime dépendre des autres


Poème illustre le Parnasse :

-description
-objectivité
-dénonciation "toi"


Mes appréciations sur le poème :

-citation sur la liberté totalement en accord avec mes pensées
-poème qui dénonce changement par rapport aux poèmes d'amour



Le Symbolisme (XIXème) :

Le mouvement : 


-ne constitue pas un groupe clairement structuré mais a tendance à réagir contre le réalisme
-préfère la poésie au roman : dépasse la réalité (correspondance connotation, le mystère)
-étymologie de symbole : jeter l'ensemble : idée abstraite et image chargée de l'exprimer
-déchiffrer les couleurs, les sons


Les principaux représentants : 

Charles Baudelaire (1821-1867)


Stephane Mallarmé (1842-1898)


Arthur Rimbaud (1854-1891)


Paul Verlaine (1844-1896)




Textes fondateurs :

Les Correspondances, Les Fleurs du mal, Baudelaire 1857


Arts poétiques, Jadis et naguère, Verlaine 1884

Poèmes symboliques inspirés :

Arthur Rimbaud, Poésies (1870-71)


Voyelles



A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :

A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

              Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,

Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles

Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

                   U, cycles, vibrements divins des mers viriles, 
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
               Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
                     Silences traversés des Mondes et des Anges ;
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !



Lecture analytique :

-4 strophes
-2 strophes de 4 vers, 2 strophes de 3 vers
-rimes embrassées

-diversité des voyelles, diversité dans le poème
-inversion des voyelles A E I O U 
-finir par O voyelle noble
-définition des voyelles : personnification des lettres
- jeu de mot O et bleu : o = eau 
-contraste noir/blanc : opposition A et E


Poème illustre le mouvement :

-cherche trouver une connotation, un symbole aux voyelles
-voit plus loin que la réalité, plus que de simples lettres


Mes appréciations sur ce poème :

-poème légèrement enfantin, comme à l'école
-musicalité grâce aux voyelles
-sorte de comptine, amusant




Charles Baudelaire, les Fleurs du mal (1857) 



Spleen


Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits;



Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

— Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.


Lecture analytique : 

-5 strophes
-quatrains
-rimes croisées

-CL pluie, humidité
-paysage état d'âme : pluie = tristesse du poète
-métaphore de la mort : "corbillards" "nuit" "cloche"
-espoir mort
-ennui, plus envie de rien
-âme vide


Poème illustre le symbolisme :

-Spleen, propre au symbolisme et à Baudelaire : mélancolie sans raison
-pluie retranscrit l'âme
-corbillards annoncent la mort

Mes appréciations sur le poème :

-envahie moi aussi par ce spleen
-poète emporte avec lui dans son monde mélancolique
-parfois moi aussi mal être sans raison



Verlaine, Poèmes Saturniens (1866)

   
                                 Nevermore
Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automne
Faisait voler la grive à travers l’air atone,
Et le soleil dardait un rayon monotone
Sur le bois jaunissant où la bise détonne.
 
Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,
Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.
Soudain, tournant vers moi son regard émouvant :
« Quel fut ton plus beau jour ? » fit sa voix d’or vivant,
 
Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.
Un sourire discret lui donna la réplique,
Et je baisai sa main blanche, dévotement.
 
— Ah ! les premières fleurs, qu’elles sont parfumées !
Et qu’il bruit avec un murmure charmant
Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées !

Hugues Gillet, Nevermore


Lecture analytique :

-4 strophes
-2 strophes de 4 vers, 2 strophes de 3 vers 
-rimes changent par strophes non par vers
-musicalité du poème

-CL automne : saison souvenir
-souvenir amoureux non douloureux
-exclamations de joie
-CL sensations
-impressionisme : douceur, discrétion flous "bois" 
-poème = tableau


Poème illustre le symbolisme :

-nature, souvenirs comme un tableau : symbole d'un passé amoureux
-saison de l'automne pour remémorer le passé

Mes appréciations sur le poème :

-lecture du poème, transportée monde pictural
-musicalité retranscrite par les rimes


Mallarmé,  Poésies (1899)

Tristesse d'été

Le soleil, sur la table, ô lutteuse endormie,
                 En l’or de tes cheveux chauffe un bain langoureux
Et, consumant l’encens sur ta joue ennemie,
Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux. 

De ce blanc flamboiement l’immuable accalmie
T’a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux,
« Nous ne serons jamais une seule momie
Sous l’antique désert et les palmiers heureux ! » 

Mais ta chevelure est une rivière tiède,
Où noyer sans frissons l’âme qui nous obsède
Et trouver ce Néant que tu ne connais pas.

 Je goûterai le fard pleuré par tes paupières,
Pour voir s’il sait donner au cœur que tu frappas
L’insensibilité de l’azur et des pierres.


Hugues Gillet, La Vénus endormie







Lecture analytique :

-amour impossible, terminé par fin de l'été 
-CL eau, larmes
-CL amour
-tristesse amoureuse, désillusion



Poème illustre le symbolisme :

-connotation eau, larmes = tristesse amoureuse
-bonheur terminé


Mes appréciations sur ce poème :

-tristesse partagée
-sensation de chaleur avec paysage d'été







Baudelaire, Les Fleurs du mal (1862)
l'Ennemi

Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé ça et là par de brillants soleils ;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

Voilà que j'ai touché l'automne des idées, 
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?

_Ô douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie
Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le coeur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie!

Armand Rassenfosse, L'Ennemi


Lecture analytique : 

-personnification de l'automne : saison de la vieillesse proche de la mort, opposition à jeunesse
-personnification de la pluie : tristesse et désespoir rencontrés au fil de la vie du poète
-Ennemi : mort, vieillesse
-"lavé" des souffrances endurées toute la jeunesse, peut être un renouveau 

Poème illustre le symbolisme :

-symbole saison automne : vieillesse
-pluie et orages : péripéties dans la vie du poète
= plus que la réalité, connotations

Mes appréciations sur le poème :

-illustration montre parfaitement les intentions de l'auteur
-autre soi même, démon intérieur qui ronge au fur et à mesure des années
-à force de déceptions, trop vieux pour "revivre"


Verlaine, Romances sans paroles (1874)

Chevaux de bois 

Tournez, tournez, bons chevaux de bois,
Tournez cent tours, tournez mille tours,
Tournez souvent et tournez toujours,
Tournez, tournez au son des hautbois.

L'enfant tout rouge et la mère blanche,
Le gars en noir et la fille en rose,
L'une à la chose et l'autre à la pose,
Chacun se paie un sou de dimanche.

Tournez, tournez, chevaux de leur cœur,
Tandis qu'autour de tous vos tournois
Clignote l'œil du filou sournois,
Tournez au son du piston vainqueur !

C'est étonnant comme ça vous soûle
D'aller ainsi dans ce cirque bête
Bien dans le ventre et mal dans la tête,
Du mal en masse et du bien en foule.

Tournez au son de l'accordéon,
Du violon, du trombone fous,
Chevaux plus doux que des moutons, doux
Comme un peuple en révolution.

Le vent, fouettant la tente, les verres,
Les zincs et le drapeau tricolore,
Et les jupons, et que sais-je encore ?
Fait un fracas de cinq cents tonnerres.

Tournez, dadas, sans qu'il soit besoin
D'user jamais de nuls éperons
Pour commander à vos galops ronds
Tournez, tournez, sans espoir de foin.

Et dépêchez, chevaux de leur âme
Déjà voici que sonne à la soupe
La nuit qui tombe et chasse la troupe
De gais buveurs que leur soif affame.

Tournez, tournez ! Le ciel en velours
D'astres en or se vêt lentement.
L'église tinte un glas tristement.
Tournez au son joyeux des tambours !